La Suisse essuie un revers commercial majeur avec la mise en œuvre, le 1er juillet 2026, de nouvelles mesures protectionnistes de l’Union européenne dans le secteur de l’acier. Contrairement aux trois pays de l’Espace économique européen, la Suisse n’a pas obtenu d’exemption et se voit imposer des conditions drastiques.
Réduction drastique des quotas
L’Union européenne réduit de 33% les volumes d’acier importés en franchise de droits depuis la Suisse dès juillet 2026. En parallèle, les droits de douane sur l’acier passent de 25% à 50% pour protéger la production européenne face à la concurrence internationale. Ces mesures frappent de plein fouet les exportateurs suisses, déjà fragilisés par la conjoncture économique.
Berne avait espéré mieux négocier sa position. La Suisse a tenté d’obtenir une dérogation, sans succès. À titre de comparaison, les pays membres de l’Espace économique européen, à savoir la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, sont exemptés de cette mesure. L’absence de la Suisse dans cette exemption pose la question de son positionnement institutionnel et diplomatique face à Bruxelles.
Face aux surcapacités chinoises
Ce dispositif vise à sauver les industriels européens, profondément déstabilisés depuis des années par les surcapacités de production de leurs concurrents chinois massivement subventionnés. Malgré la pertinence de cet objectif, l’absence de distinction entre la Suisse et d’autres partenaires commerciaux laisse transparaître une logique de protectionnisme qui frappe indifféremment.
Cette décision s’inscrit dans une escalade des barrières commerciales observée depuis plusieurs mois. Elle complique davantage les relations économiques bilatérales et pourrait accélérer le repli stratégique suisse vers ses propres filières de production ou vers d’autres marchés. Les industriels suisses de l’acier, en particulier dans les régions frontalières de Suisse romande, se voient obligés de réviser leurs modèles commerciaux ou d’accepter une perte de compétitivité.