Le 13 juillet, Guy Parmelin et le secrétaire d’État britannique Peter Kyle ont annoncé la conclusion d’un accord de libre-échange renforcé entre la Suisse et le Royaume-Uni. Cette négociation longue de trois ans revêt une importance singulière dans un contexte d’instabilité croissante des échanges commerciaux mondiaux.
Après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Berne et Londres ont entamé des discussions pour solidifier les relations entre les deux pays. Le précédent accord, conclu en 2021 pour préserver les relations bilatérales post-Brexit, n’était que le point de départ. De nouvelles discussions avaient été entamées en 2023 afin d’actualiser à nouveau les relations commerciales. Selon Berne, l’aboutissement de ces négociations constitue un signal géopolitique dans un contexte de fragmentation croissante et d’incertitude commerciale.
Un accord au-delà du statu quo
Contrairement aux craintes qu’un simple maintien du statu quo ne suffise, le nouvel accord va nettement au-delà de la confirmation du statu quo. Le texte consolide le commerce des marchandises et élargit le cadre juridique pour les services, les investissements ou encore le commerce numérique. Un texte davantage orienté sur les échanges de services et le commerce électronique que sur les biens, avec un volume du commerce de services de 26,3 milliards de francs.
L’accord prévoit notamment des mesures pour favoriser les déplacements professionnels ou encore les échanges de données à des fins commerciales. Il contient aussi des dispositions sur les services financiers, la propriété intellectuelle et les PME. Pour la Suisse, cette ouverture du secteur numérique et des services financiers revêt une portée considérable, puisque ces domaines structurent l’économie romande et helvétique depuis des décennies.
Une question de contexte
L’accord intervient à un moment crucial : Selon Berne, l’aboutissement de ces négociations constitue un signal géopolitique dans un contexte de fragmentation croissante et d’incertitude commerciale. Les tensions douanières récentes, les retours protectionnistes, la fragmentation des chaînes d’approvisionnement incitaient à sécuriser les partenariats stratégiques. Avec le Royaume-Uni, la Suisse dispose désormais d’une relation commerciale modernisée et ouverte sur les technologies de demain.
La signature officielle interviendra avant la fin 2026, suivie des procédures d’approbation dans les deux pays. L’accord, lié à l’exécution du Brexit, sera signé cette année. Une fois ratifié, ce texte repositionne la Suisse comme partenaire fiable et ambitieux sur la scène commerciale internationale, au moment où l’architecture économique mondiale se redessine.