Suisse 2026 : la croissance freine, le chômage menace

Économie

La Suisse romande se prépare à une année économique morose. Les projections officielles ne sont guère rassurantes: après les incertitudes géopolitiques et les tensions énergétiques mondiales, le gouvernement helvète abaisse ses attentes de croissance pour 2026.

Une croissance bien en deçà de la moyenne

Le Groupe d’experts de la Confédération pour les prévisions conjoncturelles a révisé à la baisse ses prévisions pour la croissance économique de la Suisse. L’institution table sur une croissance inférieure à la moyenne pour 2026, de 1,0 %, un chiffre qui révèle les fragilités structurelles de l’économie helvète face aux aléas mondiaux.

Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement. Pour la Suisse, le tableau est contrasté: l’inflation reste faible grâce au mix énergétique, tandis que la baisse de la demande étrangère pèse sur le commerce extérieur. Les partenaires commerciaux européens et asiatiques, confrontés à leurs propres défis, font moins appel aux exportations suisses. La timide croissance de la demande mondiale et le franc fort ralentissent les secteurs exposés de l’industrie des exportations suisse, ce qui freine l’activité d’investissement.

Le chômage s’apprête à augmenter

Conséquence directe de cette morosité économique: l’emploi souffrira. L’évolution économique se reflète sur le marché du travail. Le taux de chômage devrait grimper à 3,0 % en 2026, une progression qui se répercutera sur les ménages romands. Bien que ce taux demeure relativement bas comparé à d’autres pays européens, cette augmentation intervient dans un contexte où les salaires stagnent depuis des années et les inégalités se creusent.

Pour les régions romandes, cette tendance arrive à contretemps. Alors que les gouvernements locaux gèrent déjà des budgets contraints, que les hôpitaux romands font face à des crises structurelles, et que les services publics subissent des coupes salariales, une nouvelle hausse du chômage complexifiera encore la situation sociale.

Des incertitudes persistantes

La guerre au Proche-Orient et au Moyen-Orient a entraîné, depuis fin février, une hausse des prix du pétrole et du gaz à l’échelle internationale. Le marché reste très volatile. L’évolution du conflit est incertaine et comporte des risques pour la conjoncture mondiale. Ces instabilités géopolitiques ajoutent une couche d’imprévisibilité dont le gouvernement suisse ne maîtrise aucun levier.

Berne a également dû réviser ses attentes d’inflation. L’expert s’attend désormais pour 2026 à une inflation légèrement plus importante que prévu, à 0,4 %, ce qui dégradera le pouvoir d’achat des ménages moyens. Une hausse mesurée, certes, mais qui frappera davantage les revenus les plus modestes, pour lesquels chaque point de pourcentage supplémentaire compte dans le budget mensuel.

Un rebond attendu, mais tardif

Les experts du gouvernement voient toutefois une issue. La croissance de l’économie devrait ensuite s’accélérer en 2027 et s’inscrire à 1,7 %. Des pays européens devraient progressivement émerger de leur faiblesse, soutenant à nouveau les exportateurs suisses. Mais pour 2026, les Romands devront composer avec une économie au ralenti, des emplois plus rares et une inflation rampante.

Ces chiffres officiels devraient interpeller les décideurs politiques. Comment accélérer la transition écologique quand l’activité ralentit? Comment préserver les services publics romands sans ressources supplémentaires? Comment protéger les plus vulnérables face à une montée du chômage? Ces questions pressantes demeureront au cœur des débats pour les mois à venir.