La Suisse s’apprête à encaisser un nouveau coup dur. À partir du 1er janvier 2027, les primes d’assurance-maladie vont augmenter de 5%, selon les données officielles rendues publiques en début octobre. Pour des millions de citoyens déjà fragilisés par des décennies de recul du pouvoir d’achat, c’est un choix politique de classe qui s’aggrave.
Quand les primes deviennent un luxe
Cet accroissement de 5% ne tombe pas du ciel. Il reflète une réalité : les coûts de santé explosent tandis que les salaires stagnent. Pour une famille de quatre personnes versant une prime moyenne, cela signifie plusieurs centaines de francs supplémentaires chaque année. Des francs qui manqueront d’autant plus qu’ailleurs l’addition s’alourdit : alimentation, électricité, transport. La Suisse fabrique ses pauvres par paliers administratifs.
Les assureurs justifient cette hausse par des dépenses médicales croissantes. Certes. Mais ils oublient volontairement de noter que la Suisse paie ses traitements deux à trois fois plus cher que ses voisins pour des résultats comparables. C’est le modèle du pays : faire payer les malades plutôt que réguler les prix.
Un système qui protège les riches
Pendant ce temps, ceux qui en ont les moyens négocient des assurances privées avantageuses ou compensent tranquillement ces surcoûts. Les bas et moyens salaires, eux, n’ont pas ce luxe. Ils subissent. Chaque hausse les repousse un peu plus vers le bord du précipice ou les contraint à des compromis absurdes : réduire leurs consultations médicales pour économiser, repousser les dépistages, ignorer les signaux d’alerte.
Cette hausse de 5% est donc bien plus qu’un chiffre administratif. Elle symbolise un choix de société que la Suisse perpétue : celui de confier sa santé au marché plutôt que de la traiter comme un droit. Un choix dont les conséquences se mesureront en vies fragiles et en injustices consolidées.