L’Université de Lausanne (UNIL) est en première ligne de tir. Selon les dernières révélations, l’initiative des 12%, approuvée par les votants en septembre dernier, frappe désormais dur dans les caisses de l’établissement. Les coupes budgétaires qui s’ensuivent risquent d’impacter de manière profonde la recherche, la formation, et l’attractivité de l’une des plus grandes institutions académiques de Suisse romande.
Un coup de hache aux conséquences inévitables
L’initiative des 12% risque d’impacter fortement la recherche et la formation, avec des conséquences financières importantes à long terme. Les réductions ne sont jamais sans dégâts quand il s’agit d’investir dans le futur. L’UNIL, qui s’était consolée d’un contexte relativement stable ces dernières années, découvre brutalement les réalités d’une rigueur budgétaire inévitable.
Cette initiative, présentée comme une mesure de « bonne gestion » par ses partisans, impose une réduction drastique des dépenses publiques. Mais en réalité, elle dévalue systématiquement les investissements dans les domaines qui font la force et la fierté de la Suisse romande: l’innovation, l’excellence académique, et la production de savoir.
La Romandie perd du terrain
Alors que les régions suisses alémaniques maintiennent leurs efforts de financement dans l’enseignement supérieur, la Suisse romande se retrouve une fois de plus en arrière. L’UNIL n’est pas seule: ses consœurs romandes, l’Université de Genève en tête, ainsi que l’EPFL et les HES, font face à des perspectives similaires.
Or, c’est précisément par son écosystème d’innovation et de recherche que la Suisse romande aurait pu compenser la faiblesse d’autres secteurs. Les sciences de la vie, qui ont connu une explosion d’emplois ces dix dernières années, dépendent étroitement de l’expertise universitaire. Fragiliser l’UNIL, c’est fragiliser un pilier de l’économie régionale.
Le piège du faux débat économique
Les promoteurs de l’initiative des 12% arguaient que l’État dépensait trop, qu’il fallait « rentabiliser ». Mais cette logique comptable ignore une réalité fondamentale: l’université n’est pas une entreprise. Elle produit des externalités positives immenses, difficilement chiffrables en termes comptables directs.
Former des chercheurs, développer la recherche fondamentale, accueillir des étudiants de toute la Suisse et du monde: voilà ce qui crée de la richesse sur le long terme. Les coupes budgétaires transforment ces actifs en passifs. Les meilleurs talents quitteront la région, les collaborations internationales se feront plus rares, et la capacité d’innovation sera compromise.
Un choix de société
Cette situation révèle un choix politique: celui de ne pas vouloir financer adéquatement l’éducation et la recherche. Ce choix cache souvent une autre priorité, rarement assumée franchement. Pendant ce temps, les impôts des entreprises pharma et technologiques restent compétitifs, et les inégalités salariales se creusent dans l’enseignement.
La Suisse romande a une semaine pour réagir avant que les dégâts ne deviennent irréversibles.