Chômage stable: la Suisse respire tandis que la Suisse romande stagne

Économie

Les chiffres du chômage d’octobre publiés ce 5 novembre par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) affichent une nouvelle stabilité apaisante au niveau national. Le nombre de chômeurs a augmenté de 535 personnes pour atteindre 141’015, tandis que le taux de chômage s’est maintenu à 3,0%. Une photographie nationale qui, une fois de plus, dissimule des réalités régionales contrastées en Suisse romande.

À Vaud, la situation affiche une amélioration qui pourrait sembler réjouissante. Le taux de chômage du canton recule de 0,1 point pour s’établir à 4,8% à la fin d’octobre 2026. Le canton vaudois comptabilise 20’744 chômeurs et chômeuses, soit 250 personnes de moins par rapport à la fin du mois de septembre. Pourtant, un détail révélateur mérite attention. Vaud est l’un des rares cantons à recenser les personnes au chômage en fin de droits, ce qui gonfle artificiellement son taux qui serait de 4,4% s’il adoptait la méthode standard des autres cantons. Autrement dit, Vaud masque une part importante de chômeurs longue durée dans ses statistiques officielles.

Au plan national, les postes vacants ont diminué de 8,5% à 40’462, un signal que la création d’emplois ralentit. Cette baisse des offres intervient précisément au moment où les entreprises suisses sont sommées de penser davantage à l’automatisation et à l’efficacité face à un marché volatile. Pendant ce temps, les jeunes chômeurs enregistrent une légère embellie. Le nombre de chômeurs jeunes a reculé de 4,7%, avec un taux amélioré de 0,1 point de pourcentage à 3,2%. Une amélioration bienvenue, mais qui ne doit pas faire oublier les difficultés spécifiques des jeunes diplômés romands face à la transition numérique.

Le SECO a dénombré 230’001 demandeurs d’emploi en octobre, un chiffre en hausse de 1,1% pour un taux de 4,9%. Ces demandeurs d’emploi incluent des personnes en réorientation, en formation continue et en attente de placement, catégories souvent invisibles dans le taux de chômage officiel. Or, si le taux brut se maintient, c’est que l’économie suisse fournit juste assez de postes pour absorber les nouveaux sans-emploi, mais sans réduction nette de la précarité.

Comme à chaque publication mensuelle, l’exercice de communication nationale mise sur une apparente stabilité pour rassurer les investisseurs et l’opinion. Mais le taux de chômage demeure inchangé au niveau national et romand, ce qui signifie qu’aucune amélioration structurelle n’a été enregistrée. La Suisse romande continue de porter un handicap économique face aux régions alémaniques, et les chiffres d’octobre le confirment : une stagnation présentée comme de la sérénité, tandis que les incertitudes qui pèsent sur l’emploi durable demeurent intactes.