Logements disparus : la Suisse romande dans l’étau des prix et des pénuries

Société

Au 1er juin 2026, la Suisse comptait 45’493 logements vacants, soit 2962 de moins qu’un an auparavant. Ces chiffres, en apparence anodins, révèlent un désastre : le taux de vacance a plongé de 1,00% à 0,93% en l’espace d’une année, et la tendance ne montre aucun signe d’inversion.

En Suisse romande, la région lémanique ne compte que 7624 logements disponibles, soit un taux de 0,77%. Pour les habitants de Vaud, Genève ou Fribourg, cela signifie concrètement : trois candidatures pour un studio, prix gonflés sans limite, et des délais de recherche qui s’allongent. Genève affiche le taux de vacance de 0,31%, derrière Zoug qui descend à seulement 0,20%.

Les prix grimpent tandis que les revenus stagnent

Cette pénurie d’offre alimente une spirale des prix contre laquelle les salaires ne pèsent rien. Les prix des logements en propriété se situaient au deuxième trimestre 2026 à 3,6% au-dessus de leur niveau de l’année précédente, accélérant la dynamique du marché. Parallèlement, les loyers proposés au deuxième trimestre 2026 étaient 2,4% supérieurs à leur niveau de l’année précédente.

Plus grave encore : malgré une quasi-stagnation du revenu par habitant, une demande robuste de logements en propriété est anticipée, si bien que les prix devraient dépasser à la fois l’évolution des revenus et celle des loyers. Autrement dit, les ménages s’appauvrissent d’année en année relativement à leurs quatre murs.

L’Arc lémanique : le cœur battant d’une crise régionale

En Suisse romande, les tensions se sont accrues autour du Lac Léman, où la croissance des prix dépasse nettement celle des revenus. Genève, Lausanne, Nyon, Morges, Vevey et Montreux sont particulièrement touchées. Pour les jeunes ménages, les familles monoparentales, les précaires, le rêve du logement propre s’éloigne chaque mois davantage.

La baisse des logements vacants est proportionnellement la plus forte pour les deux-pièces, avec un recul de 8,5% : précisément le type d’appartement dont les petits budgets auraient besoin. Des logements continuent d’être construits, mais une partie croissante de la population peine à trouver un appartement correspondant à son budget.

Pas de relief en vue

Les pouvoirs publics invoquent souvent les nouveaux chantiers pour justifier l’inaction. Or la technologie ne peut pas résoudre le manque structurel de logements. Plus fondamentalement, le manque de logements reste une réalité marquée en 2026, le taux de vacance demeurant bas et maintenant une pression sur le marché.

Le Valais a compris quelque chose : offrir l’accès à la culture à sa jeunesse. Mais personne ne l’aide à se loger. Pendant ce temps, Zurich, seule région à afficher une hausse du taux de vacance, consolide son avantage. La Suisse romande, elle, creuse.