Tandis que la Suisse nationale s’accroche à des signaux rassurants, les chiffres du chômage de septembre 2026 révèlent une réalité bien plus sombre pour la Suisse romande. La Suisse comptait 140’480 chômeurs inscrits en septembre 2026, mais derrière cette moyenne nationale se cache un fossé qui s’élargit d’un côté et de l’autre de la Moïn.
La Romande abandonnée à elle-même
Pendant que Berne s’endort sur les statistiques nationales, Genève affiche un taux de chômage de 5,1% et Vaud de 4,8%. Pour mettre ces chiffres en perspective: Genève détient le record peu enviable du pays, et Vaud le talonne de près. Dans le canton de Vaud, 20’529 personnes étaient inscrites au chômage, soit une hausse de 11% sur un an. Mais le pire, c’est que le nombre réel de sans-emploi dépasse largement les statistiques officielles. Au total, 31’115 demandeurs d’emploi sont inscrits auprès des Offices régionaux de placement.
Ces taux romands surpassent de loin la moyenne suisse. Le contraste est glaçant: alors que la Confédération communique sur une stabilisation, c’est une débâcle régionale qui s’approfondit.
Qui trinque vraiment ?
Le pire reste la sélectivité de la crise. Les branches scientifiques, informatiques et le commerce enregistrent une hausse du chômage, tandis que le bâtiment et l’hôtellerie-restauration continuent de recruter fortement. Traduction: les diplômés, les professionnels qualifiés, les jeunes battis sur l’expertise sont abandonnés. Les experts observent une dégradation chez les jeunes diplômés déjà exposés aux effets de l’intelligence artificielle. L’IA ravage l’élite du marché du travail romand, et l’État regarde ailleurs.
Une stabilisation trompeuse
Les experts nationaux se congratulent: le travail temporaire repart et les demandes de chômage partiel reculent. Malgré les licenciements annoncés, les experts entrevoient une amélioration de l’emploi en Suisse. Sauf qu’à Genève et Vaud, personne ne voit cette amélioration. Les postes vacants augmentent, certes: 44’199 places étaient signalées en septembre, soit 466 de plus qu’un mois auparavant. Mais pour qui ? Certainement pas pour les professionnels du numérique ou des sciences qui se battent pour la moindre offre.
Pendant que Berne se rassure avec des chiffres nationaux qui lissent les disparités régionales, la Suisse romande figure au banc des accusés. Genève et Vaud ne paient pas juste les frais de la crise. Elles l’incarnent.