Assurance-maladie 2027 : la Suisse romande sombrera-t-elle sous le poids des primes ?

Économie

La cinquième hausse enregistrée en autant d’années en Suisse vient d’être confirmée. En 2027, la prime mensuelle moyenne d’assurance-maladie s’élèvera à 412 francs, soit une augmentation de 19,70 francs (5,0%) par rapport à 2026. Chiffre anodine en apparence, réalité ravageuse sur le terrain romand.

Mais parlons surtout de ceux qui vont vraiment souffrir. En Suisse romande, le Valais (+5,6%), Neuchâtel et Berne (+5,4%) ainsi que Fribourg (+5,2%) enregistrent des hausses de primes supérieures à la moyenne helvétique. Et le pire reste le Jura : le Jura subit la plus forte hausse du pays avec +6,6%, tandis que Vaud enregistre la plus faible à 3,5%. Traduction : un Jurassien payera l’équivalent d’une semaine de courses supplémentaire par an pour son assurance maladie.

Ce qui intrigue les observateurs, c’est que pour de nombreux assurés, les primes augmentent un peu plus fortement que les 5,0% officiellement communiqués, avec de nombreux assurés pour lesquels l’augmentation est plus élevée que la moyenne communiquée par l’Office Fédéral de la Santé Publique. En particulier, les modèles d’assurance économiques sont davantage sous pression. Autrement dit : ceux qui choisissent les contrats les moins chers pour boucler leur budget vont encaisser une hausse bien plus salée que prévu.

L’illusion statistique

Dès qu’une augmentation de prime atteint 20 francs par mois et par personne, une personne sur deux envisage un changement. Pour une famille de trois adultes, on parle facilement de 60 francs mensuels d’augmentation, voire plus en Suisse romande. À ce niveau, changer de caisse devient impératif pour beaucoup, mais le choix reste illusoire : on quitte un assureur pour un autre, sans résoudre le problème structural.

La hausse des coûts attendue est ainsi de 4,7% pour l’année en cours et de 5,0% pour 2027. Le système n’est pas capable d’absorber ces augmentations sans les répercuter intégralement sur les ménages. Les politiques en place ne parviennent pas à maîtriser l’envolée des coûts de santé.

La classe moyenne prise en étau

Depuis plusieurs années, Journalium rapporte que la classe moyenne romande est progressivement asphyxiée. Les primes maladie incarnent parfaitement ce phénomène : trop riches pour les subsides, trop pauvres pour absorber sans douleur une hausse de 5% à 6,6% selon le canton. Les augmentations de primes récurrentes chaque année ont sensibilisé la population et l’ont rendue plus attentive aux prix, avec plus de la moitié déclarant qu’elle examine son assurance-maladie chaque année.

Cette vigilance accrue ne change rien au fond du problème : année après année, l’assurance maladie grignote davantage du budget des ménages, tandis que les salaires stagnent et les politiques publiques demeurent paralysées. La hausse de 2027 ne sera probablement pas la dernière.